De Guérande à Saint-Leu

Vestige d'un passé dans lequel l'île Bourbon devait subvenir à ses besoins en sel, la saline de Saint-Leu, située à la Pointe au sel en direction du sud au bord de la route nationale, a été remise en service en novembre 1996 après une interruption de près de trente ans. Pour remettre en état ce vestige "du temps lontan ", Ti Jean, qui a travaillé presque toute sa vie sur la saline, a donné de précieuses indications pour remettre en l'état, les bassins construits en pierres de basalte taillé à la main. A l'initiative de ce renouveau économique, le conservatoire du Littoral et un paludier de Guérande, appuyés par le Département. Les hommes ont vite retrouvé les gestes d'antan. Pieds nus dans une eau "chargée" de plus de 400 g de sel par litre, sous le soleil et parfois luttant contre les alizés puissants à cet endroit, ils poussent le sel dans le cristallisoir, le dernier bassin, pour élever les mulons, cônes parfaits dont la blancheur se remarque de loin. Un sel dont on vante ici les propriétés de pureté. Ti Jean se souvient ce temps où les nombreuses salines permettaient aux habitants et aux animaux de ne pas manquer d'une ressource précieuse. aujourd'hui, plus personnes ne se souvient où elles se trouvaient. Seul, le nom évocateur d'un lieu rappelle ce temps : la Saline, Etang-Salé... Les paludiers de la petite entreprise poursuivent inlassablement, chaque matin, cette récolte. Plus tard, à la tombée de la nuit, des femmes prélèvent le nectar, la fleur de sel. Mais une fois de plus, les bassins de Saint-Leu sont déserts. Un musée du sel devrait voir le jour prochainement dans les longères. Le sel de Saint-Leu termine sa courte carrière dans la plus totale indifférence. Reste les paludiers qui arpentent les bassins, comme des ombres gardiennes d'une tradition.

© imroi 2002

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