Les enfants d’Antananarivo

 

Leur univers, c’est la rue. Les enfants d'Antananarivo n’ont d’autres horizons que les trottoirs et les caniveaux. Leurs parents ? Nul ne sait s’ils en ont. D’ailleurs personne ne s’en soucie. Les enfants des rues de la capitale malgache vivent au jour le jour. La mendicité, ils l’apprennent dès leur naissance sur le dos de leur mère. Celle-ci est un jour venue de loin pour fuir un quotidien miséreux et trouver dans la capitale une situation misérable.

Ils sont partout. Le jour, près des hôtels cossus de l’avenue de l’Indépendance, à l’affût du touriste Waza. La main tendue, un petit frère ou une petite sœur dans les bras. Les femmes sont une cible privilégiée ; ils connaissent toutes les ficelles pour briser le cœur d’une maman en ânonnant quelques mots de français. Une fois acquise, l’obole est immédiatement reversée à un adulte, posté un peu plus loin, attendant assis tranquillement sur un muret. Est-ce un parent, un protecteur ?

Comme partout dans le monde, les premières victimes des crises économiques sont les enfants. Ils grouillent près des marchés à touristes. Vendre, n’importe quoi, des fruits, des cacahuètes, des instruments de musique, il faut rapporter de l’argent. Un système économique bien rodé où l’enfant est une main-d’œuvre docile et source de profit...

© IMROI 2004

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